« Le Dialogue national inclusif du Tchad convoqué pour le 20 août 2022 ». (Porte-parole du gouvernement du Tchad).
Ecrire sans travestir, Informer sans manipuler, Analyser sans préjugés

Tchad : Le futur Dialogue National Inclusif sous tension

Le 10 mai 2022 est la date retenue par le gouvernement pour lancer les travaux du Dialogue National Inclusif. Mais plus on approche de cette date fatidique, plus des inquiétudes planent.

Cette grand-messe est censée regrouper tous les Tchadiens autour des préoccupations communes, en vue d’extirper les racines des maux dont souffrent les Tchadiens. Et de trouver des solutions idoines pour relancer le développement du Tchad dans la cohésion de tous ses fils.

Mais, à 10 jours de l’échéance, les violons ne sont toujours pas accordés pour mener à bien ce processus. Certains acteurs politiques s’insurgent contre la manière avec laquelle les thèmes des débats ont été identifiés, ainsi que le mode de désignation des participants, faisant craindre, selon eux, une réédition des fora de 2018 et 2020, organisés par Feu le Maréchal Idriss Déby Itno. En outre, d’inquiétantes fissures se dessinent dans les pourparlers du pré-dialogue de Doha avec les politico-militaires. Ceux-ci réprouvent les propositions du gouvernement qui dissimulent mal à leurs yeux un projet d’une reddition pure et simple de ces politico-militaires.  Selon Max Kemkoye, président du parti Union des Démocrates pour le Développement et le Progrès (UDP), les thématiques arrêtées par le CODNI ressemblent plutôt aux sujets de conférences dignes des amphithéâtres universitaires, et non d’un dialogue politique. C’est en salle que les participants doivent déterminer les sujets de débat, estime-t-il, lors d’une interview accordée à un confrère de la place.

Dans un communiqué de presse rendu public le 29 avril 2022, la coordination des actions citoyennes, Wakit Tamma, pour sa part, dénonce « le schéma d’un dialogue de dupes, empreint d’égoïsme, d’hypocrisie et de duplicité (qui) se met en route » pour la tenue le 10 mai, du Dialogue national inclusif « sans Wakit Tamma et ses partenaires et sans les politico-militaires ». Cette démarche, selon Wakit Tamma, méprise « les incessants appels à une prédéfinition réfléchie et consensuelle d’un dialogue véritablement inclusif, sincère et salutaire au Tchad entier » qu’elle n’a cessé de lancer à l’endroit du Conseil Militaire de la Transition. Elle prévient que « sans une acceptation commune des critères d’une participation égalitaire à ce dialogue, la paix recherchée sera vaine ». De ce fait, le Tchad court le risque de la division et/ou de « la consécration d’un régime clanique à haute dominance soudanaise ».

En proclamant qu’aucun « fils du Tchad ne sera exclu de ce dialogue ou il n’y aura pas de dialogue », la Coordination des actions citoyennes « appelle le peuple à sortir massivement le 10 mai 2022 pour une marche pacifique, sur toute l’étendue du territoire contre ce dialogue de dupes ».

Comme on peut le constater, loin d’apporter la sérénité, la date de la tenue du dialogue national Inclusif, inspire plutôt des inquiétudes sur plus d’un observateur de la scène politique tchadienne du moment.

Nestor H. Malo

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Nestor HINYANDIGUIM MALO

Nestor HINYANDIGUIM MALO

Laisser un commentaire