Ecrire sans travestir, Informer sans manipuler, Analyser sans préjugés

Revue de  la presse tchadienne du 28 novembre au 02 décembre 2022

Le procès des manifestants du 20 octobre, les tueries de Krim-Krim et la célébration de journée de la liberté et de la démocratie polarisent l’actualité traitée par les journaux tchadiens de la semaine.

Le procès des manifestants du 20 octobre

« Plus de 400 manifestants jugés à Koro Toro », informe Le Progrès. Selon le quotidien, ils sont poursuivis pour des faits d’attroupement non autorisés, destruction de biens, incendie volontaire et voie de fait et trouble à l’ordre public par la Cour d’appel de N’Djaména siégeant en audience foraine. A ce sujet, « le barreau du Tchad dénonce une mascarade judiciaire », rapporte l’hebdomadaire N’Djaména Hebdo. Selon Me Koulmem Nadjiro, bâtonnier intérimaire, cité par notre confrère,  le Barreau du Tchad ne peut plaider devant une juridiction siégeant en dehors de son ressort territorial dans une prison sans accès de la population à l’audience foraine, et cela en violation des règles de procédure, gage d’une justice équitable et impartiale. Pour le barreau, éclaire le journal Le Pays, le fait que les forces de l’ordre ne relevant pas des autorités judiciaires arrêtent, « enlèvent puis déportent les personnes à Koro-Toro avant que le Parquet d’instance puisse les auditionner sur procès-verbal d’enquête sans une assistance d’avocat ou une personne du choix du mis en cause, puis de les juger, est constitutif d’une double répression qu’il ne saurait cautionner. Par conséquent, les avocats exigent du gouvernement la libération des personnes détenues arbitrairement conformément à ses engagements internationaux en matière du respect des droits de l’homme, rapporte N’Djaména Hebdo.

Au moment où les manifestants du 20 octobre sont jugés, le Comité des Nations unies contre la torture réclame des enquêtes rapides et efficaces sur les allégations d’utilisation d’armes létales par les forces de sécurité ayant occasionné des morts et des blessés, des arrestations arbitraires, des détentions au secret, ainsi que des actes de torture et des mauvais traitements, alerte TchadInfos. Notre confrère relaie ainsi les conclusions d’évaluation issues de l’Assemblée du Comité des Nations unies contre la torture sur le Tchad publiées le 25 novembre dernier.

Les tueries de Krim-Krim

« Massacre des paysans à Krim-Krim », titre N’Djaména Hebdo qui affiche à sa Une des images des personnes tuées allongées à même le sol. A l’origine  de ces tueries dans le chef lieu du département de Gueni, province du Logone Occidental, un conflit intercommunautaire survenu le vendredi 18 novembre, qui s’est soldé par la mort de 8 personnes et a occasionné une vingtaine de blessés. La pomme de discorde est la dévastation d’un champ par les bœufs, explique la revue Tchad et Culture. Mais à qui profite le crime ? Le conflit agriculteur-éleveurs, on n’en parlera jamais assez. Jusqu’à quand s’arrêtera cette hécatombe ? s’interroge la revue.

La célébration de journée de la liberté et de la démocratie

1er décembre 1990-1er décembre 2022, cela fait jour pour 32 ans que le vent de la démocratie a soufflé sur le Tchad. Mais « Quel bilan, 32 ans après ? », se demande Tchad et Culture. La réponse ne peut qu’être mitigée. Même si le pays a fait un bon dans l’habillage juridique et à l’ancrage institutionnel, il accumule 32 ans d’injustice, de violations de droits humains, 32 ans de recul où les indicateurs du Tchad sont au rouge. Bref, 32 ans d’un système dont tous les ressorts sont cassés, s’alarme notre confrère.

La célébration de la journée de la liberté et de la démocratie coïncide avec 32 ans de la prise du pouvoir par le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), l’ancien parti au pouvoir du défunt Maréchal Idriss Déby Itno. Selon le journal en ligne Alwihda Info, le règne du MPS est caractérisé par 32 ans de mensonge et d’hypocrisie ; de chômage et de désespoir accru de jeunes ; de marginalisation et tueries ; d’inégalités et de conflits. Malgré ce bilan catastrophique, le secrétaire général du Mps, Dr Haroun Kabadi appelle les militants à se lever et se battre pour pérenniser les idéaux de leur parti. « Nous allons faire ce que nous savons faire : organiser les élections et les gagner », déclare le secrétaire général du Mps dans les colonnes du Journal Le Pays, lors d’un point de presse tenu à la veille de la journée de la démocratie et de la liberté.

Alphonse Dokalyo

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Frédéric Mbaidedji

Frédéric Mbaidedji

Laisser un commentaire