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Répressions du 20 octobre 2022 : Succès Masra saisit la CPI

Les avocats de l’opposant tchadien Dr Succès Masra, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarh, ont annoncé le 9 novembre, dans un communiqué, avoir adressé « un signalement à la Cour pénale internationale de faits susceptibles de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité ».

Lors d’un meeting au « Balcon de l’espoir ».

Les Conseils de Monsieur Succès Masra et du parti Les Transformateurs informent qu’en « dépit des avertissements adressés par un certain nombre d’observateurs nationaux et internationaux, la répression au Tchad perdure ». Ils rappellent que la répression sanglante « s’abat depuis plusieurs mois contre la société civile et les hommes politiques, alors que le fils du défunt président Idriss Déby Itno, Mahamat Idriss Déby Itno entend se maintenir au pouvoir par tous les moyens ».

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase porte sur les manifestations du 20 octobre 2022 qui se sont soldées par une cinquantaine de personnes tuées, des détentions arbitraires massives, 1000 personnes « déportées » vers un « Guantanamo tchadien ». Reprenant les chiffres de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), les avocats rapportent « entre 50 et 150 personnes tuées, plus de 180 personnes portées disparues et les forces de sécurité ciblant particulièrement certaines communautés ».

« L’ensemble de ces éléments, d’une extrême gravité, composant un faisceau d’indices de la commission de crimes contre l’humanité, commandent l’ouverture d’une enquête sur le fondement de l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale », estiment les conseils de Masra et du parti Les Transformateurs. « Cette enquête devra permettre d’établir l’ensemble des responsabilités, à quelque échelon que ce soit », précisent-ils. Car, préviennent les avocats, « la qualité de chef de l’Etat ou de gouvernement n’exonère en aucun cas de la responsabilité pénale en vertu du Statut de la Cour pénale internationale ».

Immédiatement après les manifestations, alors qu’aucune enquête n’a encore établi les responsabilités des uns et des autres, le gouvernement a accusé les manifestants d’être des «insurgés» qui visaient à perpétrer un «coup d’Etat» contre les institutions républicaines. Dans la foulée, un dossier d’accusation a été concocté et des magistrats, en grève au moment des faits, ont été réquisitionnés pour juger les personnes arrêtées et déportées aux prisons de haute sécurité de Korotoro, Moussoro ou autre. Sous la pression des organisations de défense des droits humains et de l’opinion internationale, le gouvernement a accepté une mission d’enquête internationale. Mais la composition de cette mission est encore sujet à caution parce que dirigée par la CEEAC, très contestée dans sa prise de position par rapport auxdites manifestations.

L’opinion désire ardemment que lumière soit faite sur ces manifestations sanglantes qui ont endeuillé plusieurs centaines de familles à travers le pays. Vivement que toutes ces initiatives apportent des clarifications attendues de toutes les personnes éprises de vérité, de réconciliation des cœurs et de paix au Tchad.

Nestor H. Malo

 

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Nestor HINYANDIGUIM MALO

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