Ecrire sans travestir, Informer sans manipuler, Analyser sans préjugés

Quelle crédibilité à la demande de pardon de Blaise Compaoré ?

L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, condamné à la prison à perpétuité dans le procès de l’assassinat de Thomas Sankara a demandé pardon aux Burkinabè pour toutes les victimes de son régime. Quelle crédibilité faut-il donner à cet acte de contrition que beaucoup de Burkinabè et africains jugent tardif ? 

L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, en exil depuis près de 8 ans en Côte d’Ivoire a demandé « pardon au peuple burkinabè » et à toutes les victimes de son régime de 27 ans. Il a fait parvenir sa lettre au Président Paul-Henri Damiba. Aussitôt lu, aussitôt dénoncé, ce message dont certains burkinabè doutent de son authenticité. Et même si cette lettre était de leur ancien président, celui-ci ne serait pas sincère dans cette démarche. De fait, l’acte est posé.

Quelle crédibilité faut-il lui en accorder ? Si pour certains Burkinabè, Blaise, comme l’appellent affectueusement ses compatriotes, tente d’éviter la prison, d’autres s’érigent en psychologue. Selon, ceux-ci, l’ancien président tente de soulager sa conscience pour tous les tous crimes qu’il a commis.

Le concerné, dans sa demande de pardon, évoque la cohésion nationale pour justifier sa démarche. Il parle de réconciliation. Selon lui, c’est « l’unique voie qui permettra de mettre fin aux incompréhensions et conflits intercommunautaires pour lutter efficacement contre le terrorisme qui a tant saigné le Burkina et ébranlé ses fondements ». Peine perdue ! Certains de ses compatriotes sont confortés dans leur conviction que la demande de pardon ne serait pas un acte de liberté intérieure ; mais plutôt un acte dicté par la crise sécuritaire que vit le Faso. Pour les familles des victimes du régime de Blaise Compaoré, la seule chose qu’elles attendent de lui, c’est qu’il purge sa peine de perpétuité pour l’assassinat de Thomas Sankara.

Finalement, que Blaise Compaoré soit sincère ou non, dans l’acte qu’il a posé, les Burkinabè doivent faire un choix cornélien : ou bien, ils accordent le pardon à leur ancien président ; ou bien ils tiennent à ce que justice se fasse, à tout prix, pour leurs parents disparus sous les ordres de l’ancien Chef de l’Etat. Si les burkinabè optent pour le deuxième choix, alors le Faso ne restera-t-il pas encore longtemps prisonnier de son passé trouble et de ses vieux démons ?

Pierre Boubane

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Par : Boutros

Par : Boutros

Laisser un commentaire