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Pour un dialogue national inclusif sans calcul politicien

Le Gouvernement de Transition a enfin fixé la date du 20 août 2022 pour la tenue du Dialogue National Inclusif, le préalable pour le retour à l’ordre constitutionnel. Ce rendez-vous est attendu aussi bien par le peuple tchadien que la communauté internationale pour la refondation de l’Etat tchadien.

Mais, au moment où l’on s’achemine vers le dialogue, les voix s’élèvent dans les milieux associatif et politique pour dénoncer la manière avec laquelle le CMT conduit le processus. Lors du forum citoyen ce 26 juillet 2022, les acteurs politiques et ceux de la société civile invités, après évaluation du bilan de 12 mois de transition, sont unanimes pour participer au dialogue, mais constatent que le processus n’est pas inclusif et ni consensuel. Pour ce faire, ils posent des préalables à leur participation : il faut que le Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif (CODNI) définisse les critères de choix des participants; qu’il clarifie la question du présidium, dont les membres ne devront pas être imposés et matérialiser par un texte le caractère souverain du dialogue. Ces mêmes exigences ont été maintes fois posées au CMT, mais sans réponses.

Pour un dialogue franc et efficace, les acteurs doivent s’entendre au préalable sur les règles de son organisation. Cela a pour but de créer un climat de confiance et d’entrainer dans son sillage la participation de tous au dialogue, gage de la réussite de la transition. Le dialogue permet de faire naître une volonté politique de changement. La confiance et la volonté de changement sont deux éléments majeurs de la démocratie qui peuvent conduire les acteurs à prendre des décisions consensuelles. Aussi, un minimum de confiance entre les acteurs peut aussi ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et au développement.

Cette guéguerre que l’on observe actuellement entre le gouvernement de transition et les acteurs s’inscrit dans le schéma classique de résolution des différends politiques adopté par les gouvernements successifs de notre pays. Au Tchad, le système politique est fait en sorte que l’opposition n’influence rien, qu’elle échoue à tous les coups. Cette querelle entraîne souvent une crispation du climat politique et pousse certains à se retirer du dialogue. Les deux fora tenus en 2018 et 2020 par l’ancien régime du MPS ont été boycottés par beaucoup d’acteurs politiques qui ne trouvaient pas leur compte dans ces assises. Résultats, les résolutions et les recommandations issues de ces dialogues n’ont rien changé à la crise politique que traverse actuellement notre pays. Du coup, le pays s’installe dans un éternel dialogue politique.

Pourtant, les membres du CMT avaient pris l’engagement de ne pas se présenter aux prochaines élections nationales. Ce contexte exclut tout calcul politicien, à moins que le Président du CMT ait un agenda caché. Le gouvernement doit prendre en compte les points de vue exprimés pour organiser un dialogue véritablement inclusif et consensuel dans l’intérêt du peuple tchadien qui aspire à la paix et au développement.

Alphonse Dokalyo

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Alphonse DOKALYO

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