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Nécrologie : Oredjé Narcisse conduit à sa dernière demeure

C’est un public composite qui est sorti massivement pour conduire Oredjé Narcisse, le journaliste de radio CEFOD tué par balles à sa dernière demeure ce vendredi 27 octobre 2022 à Kournari à une trentaine de kilomètres au sud de NDjaména.

Dès 8h déjà, parents, amis et collègues étaient dans le cortège pour la mise en bière à la morgue de l’Hôpital Général de Référence nationale. Une forte mobilisation des journalistes de tous bords est à signaler.

De retour à la maison familiale à Walia dans le 9e arrondissement municipal de N’Djaména où attendait un monde fou composé de la famille, d’amis et confrères, ainsi que des voisins, l’émotion était à son comble. Cris stridents, visages décomposés par la douleur, certaines femmes se laissaient tomber. D’autres s’évanouissent, obligeant les secours à leur administrer les premiers soins. C’est le cas d’une des promotionnaires du défunt de l’Institut National Supérieur des sciences et Techniques d’Abéché (INSTA), habillée d’un t-shirt noir à son effigie avec la mention ‘‘Justice pour Oredjé’’.

La disparition subite de Oredjé Narcisse, à la fleur d’âge passe mal. Les gens étaient partagés entre l’affliction, le choc et la colère. Tous les témoignages qui se sont enchaînés ont salué le mérite de l’illustre disparu, émérite journalise multimédia, travailleur et attachant. Les anciens de l’INSTA, l’Union des Journalistes Tchadiens, ses collègues de Libre Afrique, de Saï Production ou ses condisciples du lycée de Koumra n’ont pas tari d’éloges en sa mémoire. Tous s’accordent à dire que la mort de Oredjé Narcisse par balle en plein cœur n’est pas le fruit d’un hasard. Avis partagé par les parents qui ont évoqué clairement la thèse de l’assassinat.

Le secrétaire Général du CEFOD, Banat Mamout, tout en déplorant cette mort prématurée a été on ne peut plus clair. ‘‘Notre collègue est décédé dans un contexte de répression sanglante des manifestations du 20 octobre 2022 qui a endeuillé beaucoup d’autres familles’’, rappelle-t-il, avant de marteler que ‘‘le CEFOD condamne énergiquement ces flagrantes violations des droits de l’homme et du caractère sacré de la vie humaine. Le CEFOD joint sa voix à celles d’autres organisations de défense des droits de l’homme pour exiger que les responsables soient traduits devant les juridictions et que justice soit faite’’.

Après les témoignages et l’exhortation, le cortège s’est ébranlé vers Kournari situé à une trentaine de kilomètres au sud de NDjaména où Oredjé Narcisse a été inhumé à 31 an juste. Il laisse une veuve et un orphelin d’un an et cinq mois.

Il est à remarquer l’absence des représentants du Ministère de la Communication et ceux de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel.

Repose en paix, soldat du micro !

Frédéric Mbaïdedji

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