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NDjaména: des salles de classe transformées en prison

Au lendemain des manifestations de l’opposition du 20 octobre 2022 réprimées dans le sang, plusieurs arrestations ont été opérées. Des salles de classe ont été utilisées par les forces de défense et de sécurité pour détenir les manifestants arrêtés.

Suite à la manifestation des partis politiques de l’opposition et de la coalition des actions citoyennes du jeudi 20 octobre 2022, de nombreuses arrestations ont été opérées. Des centaines de manifestants ou parfois des badauds qui se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment, ont été appréhendés par les forces de défense et de sécurité.

L’un des constats faits par les observateurs et les associations de défense des droits humains, beaucoup de ces personnes arrêtées, des jeunes pour la plupart, ont été détenus dans des salles de classe, tenant lieu de camp de transit ou de violon. Le cas le plus retentissant celui des salles de classe de l’école Habéna dans le 7eme arrondissement de N’Djaména. Un univers concentrationnaire où des centaines de personnes ont été détenus dans des conditions inhumaines avant d’être transférer vers d’autres lieux de détention. Certains n’y ont pas survécu.

La transformation des établissements scolaires en lieu de détention est inadmissible et remet en cause le principe de l’inviolabilité des locaux des établissements scolaires ou des structures hospitalières. L’école devra être en fait le creuset du savoir où les enfants viennent étudier et s’épanouir en toute innocence. Or, cette façon de faire n’est ni plus ni moins qu’une profanation de ce lieu consacré. Quelle image garderont les jeunes élèves riverains de l’école Habena qui ont vu des centaines d’individus brutalisés dans ces salles ? Quel traumatisme garderont-ils de ce constat ?

Il vous souviendra déjà en son temps en avril 2021 au plus fort des manifestations du 14 avril 2021 contre le gouvernement, le Groupement Mobile d’Intervention de la Police (GMIP) avait fait irruption dans les locaux de l’école Belle Vue au quartier Moursal, où des grenades lacrymogènes ont jetées tous azimuts dans la cour, semant la psychose et causant des malaises aux élèves. Ces bavures ont suscité une forte réprobation du Syndicat des enseignants du Tchad. Cela n’a pas suffi.

Un pallier vient d’être franchi par les forces de défense et de sécurité ce 20 octobre 2022 en transformant les écoles en milieu carcéral. Les plus hautes autorités de la transition sont interpellées sur ces errements. A l’heure où le Tchad ratifie des conventions en faveur des enfants et des droits humains, il est inadmissible de poser de tels actes. C’est une manière pour le Tchad de se dédire de ses engagements. Vivement que les choses changent !

Frédéric Mbaïdedji

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