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Les Burkinabè demandent au président Damiba de faire le bilan des 5 mois

Cinq mois après l’arrivée au pouvoir de Damiba, les Burkinabè réclament un bilan à celui qu’ils ont applaudi hier dans les rues de Ouagadougou.

Entre un Président jugé faible mais démocratiquement élu, en l’occurrence Rock Marc-Christian Kaboré et l’officier putschiste, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, les Burkinabè avaient opté de soutenir l’auteur du coup d’Etat du 22 janvier 2022. Celui qui a renversé le président Rock Marc Christian Kaboré avec la promesse de faire mieux que Kaboré avait lui-même donné rendez-vous à ses concitoyens : « Je vous donne rendez-vous dans 5 mois pour un premier bilan de la mission de reconquête de notre territoire « , avait-il dit, lors d’un discours prononcé le 1er avril 2022. « Aujourd’hui, 31 août arrive à échéance le délai de 5 mois. Quel bilan dressez-vous de ces 5 mois de gestion de la crise sécuritaire par Damiba ? » Un média de Ouagadougou a lancé ce sondage sur ses réseaux sociaux, invitant les citoyens à se prononcer, en attendant l’exercice de « redevabilité́ du Chef de l’Etat ». A lire les commentaires de ce sondage en ligne, pour les uns la situation sécuritaire a empiré sous Damiba ; pour d’autres le coup d’État du 22 janvier n’aurait jamais dû avoir eu lieu ; pour d’autres encore Damiba doit tout simplement démissionner.

Entre octobre 2020 et janvier 2022, dans un comportement de mimétisme, des colonels et lieutenants-colonels des armées nationales ouest-africaines ont arraché le pouvoir politique aux civils : le 18 août 2020 au Mali, le 5 septembre 2021, en Guinée Conakry, et le 24 janvier 2022 au Burkina. Depuis, avec l’arrivée des armées au pouvoir avec la bénédiction parfois des populations, les partis politiques ont quasiment disparu de la scène politique de ces pays cités. Si au Mali la junte semble réussir sa mission de reconquête du territoire grâce à ses alliés Russes, au Faso, la situation se présente beaucoup plus compliquée. Damiba a joué la carte de l’offensive militaire mais cette stratégie n’a pas porté les fruits escomptés. Il a tenté l’argument politique avec une forte charge émotionnelle, celle de la réconciliation nationale. Malheureusement, il n’a pas, non plus, obtenu gain de cause. Pour les éditorialistes burkinabé la situation a semblé se détériorer considérablement.

Il y a tout de même quelques points de réussite du président Damiba comme l’audience accordée aux anciens chefs de l’Etat Jean Baptiste Ouedraogo et Blaise Compaoré. Damiba a, en effet, obtenu le retour, quoi qu’éclair et polémique, de l’ancien chef de l’Etat déchu Blaise Compaoré. Un autre coup majeur que les Burkinabés retiennent des cinq mois de Damiba au palais de Kossiam, est la libération de Rock Marc Christian Kaboré. Aujourd’hui l’ancien président est libre de mouvement.

Cela suffit-il à prolonger la période de grâce au libérateur Damiba ? Rien n’est moins sûr. La dégradation de la situation sécuritaire avec les terroristes qui étendent leurs tentacules dans la majeure partie des provinces, risquerait de porter un coup fatal à la junte.

Pierre Boubane

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Par : Boutros

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