« Le Dialogue national inclusif du Tchad convoqué pour le 20 août 2022 ». (Porte-parole du gouvernement du Tchad).
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Le Président de Transition rencontre les leaders religieux : Mgr Edmond Djitangar vide son cœur !

Dans le cadre des concertations engagées avec les diverses corporations sociales, le Président de Transition, le Général Mahamat Idriss Déby Itno, a rencontré, le 2 novembre 2022, les leaders religieux.

L’occasion a été toute donnée à l’Archevêque métropolitain de N’Djaména, Mgr Djitangar Goetbé Edmond, de se prononcer sur la conduite des affaires publiques du pays. Mais surtout, d’engager l’entière responsabilité des pouvoirs publics dans les tueries consécutives à la manifestation du 20 octobre 2022.

« Pourquoi tant d’acharnement sur une manifestation pacifique et une telle violence meurtrière sur les manifestants à mains nues ? » s’est d’emblée interrogé l’archevêque. Absent du pays pour raison de santé, Mgr Edmond Djitangar Goetbé avait suivi les événements de loin. Mais il était loin de s’imaginer ce qui se passait réellement au pays. C’est donc dans un langage dénué de toute diplomatie et le cœur apparemment très affligé  que le prélat s’est adressé au Président de Transition.

« J’ai été révolté par les réponses données par le premier ministre justifiant la répression féroce des forces publiques, sans une parole de commisération pour les nombreuses familles endeuillées ou en désarroi dans la recherche de leurs membres portés disparus. J’ai compris que le couvre-feu et la coupure sélective de l’internet frappant les quartiers dit « des opposants » étaient des moyens mis en œuvre pour continuer la traque des opposants (présumés commanditaires de la manifestation), les perquisitions des domiciles suivies des arrestations nocturnes et pour couvrir les exécutions extra-judiciaires et éviter des témoins gênants…

Mais je n’ai toujours pas compris jusqu’à ce jour les causes de cette folie meurtrière qui a poussé des citoyens tchadiens à faire subir à d’autres concitoyens des traitements inhumains et dégradants jusqu’à des exécutions sommaires et à la déportation des personnes dans les bagnes du nord…

Comment expliquer que les parents soient empêchés de retirer les dépouilles mortelles des leurs victimes des répressions pour les ensevelir ?…Pourquoi cette traque continuelle des citoyens dont le crime est d’être dans l’opposition? Est-ce un délit d’avoir le drapeau tchadien à la maison ?…

L’image du Tchad s’est trouvée ternie par la barbarie de cette répression et ceux des partenaires habituels qui commençaient à nous manifester un peu de sympathie pour les inondations se sont trouvés bloqués dans leur générosité.

L’explication maladroite qu’a donnée le gouvernement pour justifier la conduite des forces publiques n’a convaincu personne. Cette conduite ressemble à « la solution finale » et confirme la volonté de « non-dialogue » démocratique déjà visible dans la gestion et le déroulement du « DNIS » … »

L’Archevêque métropolitain n’a pas perdu de vue les relations entre le Gouvernement et les confessions religieuses le travail des leaders religieux perçus comme un « faire valoir pour couvrir de notre autorité religieuse une politique déconsidérée par la majorité du peuple comme c’est souvent le cas lors des célébrations du 28 novembre ». Pour lui, « toute religion tient en haute estime la valeur de la vie humaine et sa préservation. Elle considère comme criminelle toute atteinte à la vie. Alors nous avons le devoir de défendre et de promouvoir le respect de la vie, la dignité de la personne humaine et la justice sociale sous quelque régime politique que ce soit. Nous ne pouvons donc pas, comme pasteurs, cautionner cette dérive autoritaire qui a porté atteinte à la vie et à la dignité humaine. »

Afin de redonner espoir au peuple tchadien et donner de la chance à l’instauration d’une paix, Mgr Djitangar Goetbé Edmond propose quatre voies :

  1. « Avoir le courage de mettre fin à la chasse à l’homme dont sont victimes quelques opposants…
  2. Libérer ceux qui sont détenus et déportés suite aux manifestations du 20 octobre
  3. Relancer un dialogue direct avec les partis politiques et les associations de la société civile.
  4. Constituer un gouvernement de technocrates et procéder à la mise en place des institutions pour la rédaction de la constitution et pour préparer les consultations électorales. »

Nestor H. Malo

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Nestor HINYANDIGUIM MALO

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