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Flambée des prix des denrées sur le marché à Moundou

Depuis le début de la saison des pluies, la ville de Moundou est confrontée à une hausse vertigineuse et généralisée des prix des denrées et autres produits de première nécessité. Une situation difficilement supportée par la population.

A Moundou, la capitale économique du Tchad, le coût de vie devient de plus en plus cher. Les prix des céréales et autres produits de première nécessité sont en hausse. Ainsi, une boule de savon se vend désormais à 350 FCFA au lieu de 300 Fcfa. Un sac de mil s’achète à 22 000 Fcfa, celui du maïs et du pénicilaire entre 25 000 et 26 000 Fcfa. Le riz tchadien coûte 44 000 Fcfa le sac. La baguette de pain s’obtient à 150 Fcfa et même la boite d’allumette est à 50 Fcfa aujourd’hui. La situation devient inquiétante pour beaucoup de ménages qui ne mangent pas trois repas par jour.

« Personne ne sait rien de ce qui se passe. Même les plus hautes autorités ne disent rien alors ce que nous souffrons. Même le salaire que nous gagnons régulièrement ne nous permet pas de subvenir correctement aux besoins de la famille», se lamente un fonctionnaire rencontré au grand marché de Moundou.

Certains commerçants tentent de se justifier en invoquant la guerre en Ukraine. « La guerre en Ukraine joue énormément sur le prix des produits car, le transport revient très cher. Il faut aussi tenir compte des différentes taxes sur chaque produit. Nous n’avons pas d’autre choix que d’augmenter les prix pour rentrer dans nos frais», détaille un commerçant rencontré devant ses articles au grand marché.

Une version battue en brèche

Pour le sociologue Bouleyo Jean-Paul, « les commerçants sont en connivence avec certains hauts cadres du pays pour augmenter les prix des produits de première nécessité.  Beaucoup de grandes boutiques et entreprises appartiennent aux agents de l’Etat. Alors c’est normal que personne n’en parle. La guerre en Ukraine n’a rien à voir avec l’inflation sur nos marchés ». Il poursuit qu’il faut chercher à connaitre la provenance de ces produits, leur label pour éventuellement calculer les dépenses engagées. « On ne peut pas prendre le riz produit à Tilo ou Bémian ici, changer son label, et le vendre plus cher en invoquant que la guerre en Ukraine. L’Etat doit prendre ses responsabilités pour arranger les choses ».

Malgré l’apparition des nouveaux produits alimentaires sur les marchés, les vendeuses de céréales ne s’inquiètent guère de la situation. «Ces aliments ne jouent pas sur notre marché. D’ailleurs, les graines de maïs de cette saison ne seront disponibles qu’en septembre et le pénicillaire en novembre. Pour le mil, il faut attendre le mois de décembre pour le récolter. En attendant, les gens doivent se nourrir avec les anciens produits », explique une vendeuse, souriante devant sa marchandise.

L’intervention insuffisante du gouvernement

Face à la situation alimentaire et nutritionnelle alarmante, le gouvernement a déclenché la vente subventionnée des produits alimentaires à travers l’Office Nationale de Sécurité Alimentaire, (ONASA). Lancée au début du mois de juillet 2022, l’opération est en ce moment interrompue, renseigne un employé de l’ONASA. « Nous n’avons pas eu un grand stock cette année au magasin. Il y avait des sacs de riz et de maïs. Nous avons procédé à la vente subventionnée au début de juillet 2022. Mais beaucoup de ménages n’en ont pas bénéficié ; le stock était insuffisant. La demande a dépassé l’offre ; seuls les premiers demandeurs ont pu acheter quelques sacs. Le sac de maïs de 100 kg était vendu au prix de 10 500 Fcfa et celui du riz de 50kg à 12 500Fcfa. Nous avons ajouté 500 Fcfa sur chaque sac pour nous permettre de prendre en charge les dockers. Il parait que le gouvernement va subventionner une deuxième vague, alors nous attendons », détaille notre interlocuteur. Ce qui est sûr, ces efforts du gouvernement sont loin de redresser la situation de l’inflation que connaît Moundou et les autres localités du pays.

Dingaorané Stéphane

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Nestor HINYANDIGUIM MALO

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