« Le Dialogue national inclusif du Tchad convoqué pour le 20 août 2022 ». (Porte-parole du gouvernement du Tchad).
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DNIS : Le groupe des Religieux et Aînés appelle à la suspension des travaux du DNIS

Dans un point de presse tenu ce 14 septembre 2022, le groupe des Religieux et Aînés appelle le PCMT à interrompre les discussions du Dialogue National Inclusif et Souverain pour donner plus de chance à s médiation en cours.

Le Groupe des Religieux et Aînés est parvenu à obtenir un accord avec presque toutes les forces vives du pays, ayant boycotté les assises du DNIS. En dehors du parti Les Transformateurs dont l’adhésion à l’accord est attendue, les « Signataires de la Déclaration du 19 Mai », la coalition Wakit-Tama, le parti Les Démocrates ainsi que le Coordonnateur de l’UNPT, ont apposé leurs signatures au bas du document de l’accord, dit du « Groupe de N’Djaména ». Justifiant la position du parti Les Transformateurs, le « Groupe des Religieux et Aînés » explique que « compte tenu des répressions dont (Les Transformateurs) ont fait l’objet les semaines précédentes, les observations du parti Les Transformateurs n’ont pu être intégrées dans le présent point d’accord ». Le document d’accord a été transmis aux Hautes Autorités du pays auxquelles un certain délai est accordé pour leur réaction. En attendant, il souhaite la suspension des discussions du Dialogue. Ceci afin d’obtenir plus d’inclusion des différentes sensibilités de la nation, une garantie pour un travail de véritable refondation recherchée pour le pays.

S’agissant du moment choisi pour rendre compte de sa démarche de médiation, le Groupe des Religieux et Aînés trouve que « compte tenu de la poursuite des travaux du dialogue et la nécessité de boucler la médiation pour ne pas se retrouver devant les faits accomplis, le groupe a opté de rendre public l’accord de N’Djaména ». De la méthodologie de travail, son Porte-parole, Monsieur Baniara Yoyana, précise  que « le groupe a rencontré successivement les acteurs nationaux et internationaux : le Président du Conseil Militaire de Transition, le Premier ministre de Transition, les facilitateurs internationaux de l’accord de Doha, les membres du groupe de N’Djaména constitué des Signataires de la Déclaration du 19 mai et du parti Les Transformateurs, les politico-militaires non signataires de l’accord de Doha ainsi que diverses autres forces vives du pays. Notre démarche a consisté dans un premier temps à chercher à comprendre les positions exprimées par les différentes parties et, ensuite, à proposer des pistes de solutions qui permettent d’arriver à une solution acceptable par toutes les parties, solution découlant de l’analyse formulée par nous à partir des propositions reçues ».

En présentant les principaux points d’accord, le groupe des Religieux et Aînés, estime que « le groupe de N’Djaména a fait d’importantes concessions par rapport à leurs exigences initiales. Ce qui a permis d’aboutir sur les points d’accord ci-après :

  1. Proposition de quotas équilibrés entre les forces en présence afin de construire durant le dialogue les compromis nécessaires pour une sortie pacifique de la crise ;
  2. Mise en place d’un processus de prise de décision transparent garanti par un présidium neutre, ce qui suppose de réviser les décisions jusqu’ici prises au niveau du dialogue en raison des incidents qui ont eu lieu au cours des premiers jours du dialogue et qui ont entrainé la suspension de plusieurs acteurs aux travaux ;
  3. Mise en place d’un comité de consensus qui doit intervenir chaque fois sur les questions d’importance nationale ;
  4. Mise en place d’un processus transparent de certification de tous participants au dialogue pour vérifier leur mandat. Ce processus pourra se faire sous la facilitation du groupe des Religieux et des Aînés ».

En conséquence les autorités religieuses, assistées des Aînés appellent à mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour regagner la confiance des Tchadiens dans le processus du dialogue national, « en particulier la révision du règlement intérieur, la mise en place d’un nouveau présidium et la reprise du processus dans un climat apaisé et transparent ». Les Transformateurs sont invités à « rejoindre cet accord. Les quelque rares points soulevés dans leur document pourront trouver solution dans la seconde phase de médiation, notamment les négociations directes avec le PCMT ». Le Groupe appelle, en outre « les mouvements politico-militaires non signataires de l’accord de Doha à adhérer aux points d’accord. Les spécificités inhérentes à leur situation pourront trouver la solution dans un accord spécifique ». Enfin, il lance un appel au PCMT, « garant de la bonne tenue du dialogue, de l’unité nationale et de la paix dans notre pays, à user de tous son pouvoir pour mettre en œuvre cet accord afin de donner une chance au pays de sortir de ses sempiternels problèmes par un dialogue sincère, inclusif, consensuel conformément à la promesse tenue lors de son discours d’ouverture ».

L’appel sera-t-il entendu ? Ce serait un gâchis que de ne pas prêter une oreille attentive à ces appels, car « la situation qui prévaut aujourd’hui dans notre pays, avec de multiples manipulations observées au niveau du dialogue suscite dans la majorité de la population non seulement une désapprobation générale mais elle fait surtout regarder l’avenir avec beaucoup de scepticisme », constate le Groupe des Religieux et Aînés.

Nestor H. Malo

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Nestor HINYANDIGUIM MALO

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